Mon cheminement : pourquoi et comment ?


Je m’appelle Gaëlle CERISIER. Je suis mariée à Arnaud et nous avons un enfant de 10 ans. La maternité n’était pas une évidence pour moi : plus jeune, j'exprimais souvent mon souhait d’accoucher directement d’un enfant de 18 mois !!

J’ai choisi d’être suivie pendant ma grossesse par un médecin qui pratiquait l’haptonomie. Je voulais partager ma grossesse avec le papa de mon enfant. Cela a été une grande expérience pour moi comme pour son papa. Nous avons vraiment vécu ces moments comme des temps de communication prénataux. C’était tellement chouette d’être dans le ventre de maman que notre garçon a prolongé le plaisir pendant quatre jours ! A J+5, toujours aucune contraction ; l’équipe médicale s’est alors emparée de mon ventre jusqu’à la solution ultime : la césarienne (Pff ! dégoutée...).

Après la naissance, j’ai suivi un atelier de cinq séances de massage pour bébé. C’était dans la continuité de la philosophie de l’haptonomie. J’éprouvais ce besoin de me connecter à mon enfant, petit à petit. Ces moments de découverte mutuelle n’étaient pas du luxe ; pas si simple cette rencontre entre deux êtres humains ! Puis j’ai appris à porter mon bébé avec une écharpe. A ce moment-là, je ne réalisais pas encore l’importance de tous ces moments de maternage dans l’évolution de mon garçon.

Est-ce ce chemin qui m’a aidée? Quoi qu'il en soit, j’ai abordé la petite enfance de mon fils avec une grande sérénité. Je me souviens d’une petite phrase de la puéricultrice lorsque je l’ai inscrit à la crèche : « je ne me fais pas de soucis pour son adaptation car je sens que vous abordez ce passage sans aucune appréhension ». C’était vrai, je sentais qu’il était temps qu’il vive sa vie avec d’autres enfants de son âge et que moi, je reprenne le chemin de mon travail.

Les choses ont changé à l’entrée de notre fils en maternelle. Il m’a semblé que la fracture de la crèche à l’école était énorme. Il me manquait l’accueil individualisé, les « transmissions » du soir : avait-il mangé ? Avait-il dormi ? Je ne savais rien de ses journées si je n’insistais pas auprès de la maîtresse ou de l’ATSEM. Mais ce n’était pas naturel, j’avais l’impression de forcer les choses en posant toutes mes questions. Du coup, je n’osais pas le faire chaque jour.

Nous avons très vite senti que le parcours de notre fils, dans cette grande institution qu’est l’école, ne serait pas si simple. Notre fils, propre assez tôt, savait reconnaître, depuis ses deux ans, son prénom, les lettres de son prénom, les couleurs, etc. Après un mois d’école, une de nos réflexions a été de nous dire : « Que de différences entre enfants du même âge ! »

En deuxième année de maternelle, les difficultés ont commencé : la maîtresse trouvait notre fils trop brusque dans ses gestes. Un matin, pendant la récréation, il avait trouvé un bâton dans la cour et courait après ses copains, le bâton à la main. Le midi, la maîtresse m’appelle très en colère, me décrivant la scène. Je suis embêtée et ne sais que dire. Elle termine son discours ainsi :
- « Je ne sais pas ce qu’il se passe chez vous, mais ce n’est pas normal que votre fils soit si violent. ».
- « Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
- « Je ne sais pas, c’est à vous de me dire. »

Évidemment, une grosse remise en question a suivi cette conversation téléphonique.

Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Où avons nous fait des erreurs ?
Ces mots de la maîtresse m’ont poursuivi pendant des semaines ; j’ai scruté chaque geste « anormal » de mon garçon, j’ai durci le ton, je ne l’ai plus lâché... avec le recul, je me dis : « le pauvre ! »

Le chemin que j’ai commencé à prendre après cet épisode ne faisait que référence à ma propre éducation. J’ai en effet utilisé les « outils » que je connaissais : la carotte et le bâton.

Nous avons voulu aller plus loin pour aider notre garçon à mieux vivre sa scolarité. Nous sommes passés par un cabinet de psychologues. Le parcours a commencé avec un médecin qui a déterminé que notre fils n’avait pas de troubles du comportement. (Ah ouf ! Parce qu’à force d’écouter sa maitresse - qui connait si bien les enfants -, nous commencions à le croire !). « Votre enfant a l’intelligence d’un enfant plus âgé, mais il a le comportement d’un enfant de son âge. Cette différence peut provoquer quelques anxiétés dans ses rapports avec les autres enfants. »

Aussi, on nous a incité à le faire suivre par une psychologue, ce que mon mari et moi avons accepté. Le suivi a duré plusieurs mois, mais nous n’avons pas vu de gros changements lui permettant de passer de meilleures journées à l’école. Pendant ce parcours, je sentais au fond de moi que ce n’était pas lui qui devait continuer ce travail : lui, il allait très bien. Je devais m’occuper de moi.

J’ai alors commencé un nouveau chemin grâce à la sophrologie. J’étais tant emballée que j’ai même cherché des cours particuliers pour notre garçon. C’était quand même assez cher et nous n’avons pas pu soutenir cette solution très longtemps. Mais clairement, je devais continuer sur cette voie des pensées positives. J’ai alors beaucoup évolué dans ma tête puisque j’acceptais enfin mon fils dans sa globalité, avec sa personnalité dynamique et entreprenante. Je devais continuer également à protéger cette relation à la fois si jolie et si fragile entre un enfant et ses parents. Je n’évoque pas ici la relation de mon fils avec son papa car elle est et reste un modèle pour moi. J’ai trouvé la force de me remettre en question grâce à l’intelligence d’Arnaud de toujours me soutenir tout en m’accompagnant dans mes remises en question.

Durant l’été qui a précédé l’entrée en classe préparatoire de notre fils, j’ai découvert le livre «Apprendre autrement avec la pédagogie positive» d’Audrey Akoun et Isabelle Pailleau. Ce livre est arrivé au bon moment. J’étais prête. Je ne voulais plus de colère dans notre famille et il m’a conforté dans le fait qu’il y avait d’autres choix éducatifs que celui que j’avais connu dans mon enfance et que je répétais à la maison. Petite précision : je vous parle de l'éducation que j’ai reçue enfant, sévère certes, mais je sais que mes parents ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils étaient à ce moment-là. Je ne leur reproche donc rien. Je pars de faits qui m’ont emmené là où j’en suis aujourd’hui.

Je passe les détails des deux années qui suivent, pendant lesquelles j’ai travaillé sur moi-même et me suis abreuvée de lecture diverses et variées autour de la psychologie positive, des neurosciences, de la PNL... jusqu’au jour où j’ai jeté un œil sur la formation proposée par la Fabrique à Bonheurs. C’est apparu comme une évidence : c’était ça que je voulais faire ! Le côté généraliste de la pratique me convenait parfaitement puisque c’est toujours ce que j’ai cherché dans mes études.

Maintenant que j’ai terminé la formation (et que je suis certifiée... youpiii !), je peux dire que c’est une formidable expérience car elle lie parfaitement bien théorie et pratique. Nous avons été mis en situation dès les premiers jours. Nous avons aussi été bousculés dans nos positionnements, car pour être un bon accompagnant, il faut être clair avoir soi-même et convaincue des bienfaits de la bienveillance que l’on va saupoudrer dans les familles.

Ma propre expérience m’a démontré que c’est la cellule familiale dans sa globalité qu’il fallait soutenir plutôt que de poser les maux sur les enfants uniquement. Je m’attacherai donc, dans ma pratique, à seconder et les enfants et les parents, afin de consolider les belles connexions parents/enfants existantes et à venir.

J'ai créé l'association Pomme Cerise dans le but de vous accompagner, vous parents, dans votre relation d'amour avec votre enfant. Je sais que vous pouvez avoir des doutes sur la manière d’appréhender l'éducation de votre enfant ; et pourtant, je suis certaine que chacun à les réponses à ses questions au fond de son cœur de parent. Je souhaite être celle qui vous aidera à mettre la lumière sur vos connaissances.